Autre personnage « clé » du procès Danos : Marius Siméon Suzzoni, dit « François » un voyou marseillais, ancien de la bande des Corses et infiltré au sein de la rue Lauriston pour le compte des services spéciaux français. L’ « honorable correspondant » donna toute satisfaction, d’un côté comme de l’autre de la barrière, avant de se faire renvoyer par Lafont qui lui reprochait apparemment de n’avoir pas été « régulier » dans une affaire de vol de bijou. Arrêté en novembre 44, ses activités au sein de la « Carlingue » lui valent d’être inculpé d’Intelligence avec l’ennemi et ce, malgré le témoignage de son ancien « patron » le Capitaine Maréchal (p 324). En février 1949 Suzzoni est finalement condamné à 5 ans de TF, 10 ans d’interdiction de séjour, confiscation de ses biens et dégradation nationale.
Au cours de son audition en novembre 44, Suzzoni avait attesté de la présence de Danos lors de plusieurs expéditions contre la résistance. (voir p 320-321) Accusations graves dont Danos se défendra toujours avec véhémence et qui semblent sujette à caution, quand on connaît, d’une part les rapports tendus qu’entretenaient les deux hommes (voir p 322) et le peu de fiabilité de son témoignage (il reviendra à plusieurs reprises sur ses déclarations dans sa propre affaire, à tel point qu’un examen mental sera demandé à deux reprises)
Quoi qu’il en soit Suzzoni est le seul témoin à charge vivant lorsque s’ouvre le procès Danos le 16 Mai 1949, tous les autres étant décédés, pour la plupart fusillés en décembre 44. On peut donc attendre son témoignage avec le plus grand intérêt. Mais curieusement, pas plus qu’il n’a été confronté à l’accusé pendant l’instruction, l’accusation n’a pas jugé bon de le faire citer…

